Solidarité avec les plus démunis face au Covid-19

Bonjour,

C'est un grand et chaleureux merci que je veux vous adresser après la belle rencontre que nous avons partagée ce samedi 12 septembre 2020 à la cathédrale. Merci pour le travail qui a été mené dans vos paroisses et mouvements tout au long de la crise sanitaire, vous appuyant souvent sur un investissement déjà présent.
Nous avons pu faire mémoire, par le témoignage, le partage et l’espérance, merci pour la dynamique de solidarité qui se joue là et qui reste absolument nécessaire dans les temps qui viennent.

C'est donc avec plaisir et déterminés que nous avons pu répondre à l'invitation de notre évêque,  Michel Dubost. Nous nous sommes retrouvés à près de 80  à la Cathédrale venant de 34 paroisses et d'une 10aine de mouvements.

           Samedi dans son mot d'accueil, Michel Dubost, constatant que la Covid pouvait avoir des conséquences sociales au-delà de la fin du confinement, a posé la question :   Maintenant que voulons-nous faire ? précisant que la contemplation n’a de sens que si nous nous laissons envahir par l’esprit du Christ centré sur la dignité de l’homme. Que chacun ait sa place dans la société pour que la société soit composée de gens responsables quelle que soit leur situation. Notre rôle est de les aider à prendre cette place. 
Il nous aussi a invité à regarder, ensuite à remarquer, soulignant que le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées, alors qu’autour de nous existe une solitude importante : personnes âgée, jeunes (15% d’entre eux éprouvent la solitude), femmes seules, enfants des rues, gens du voyage,  migrants, étudiants...

Maintenant nous voilà donc à retourner dans nos paroisses et mouvements pour répondre à ce qu’a exprimé Michel Dubost comme un envoi : « une supplication : parler de ces questions dans nos communautés paroissiales. Toute la communauté doit se préoccuper de l’attention aux pauvres. »

Merci et belle suite dans vos communautés de vie et de partage.

Amitiés, Luc Champagne

Groupe solidarité

Rencontre du samedi 12 septembre 2020

Groupe de partage – notes Philippe Brès

Participants du groupe :

Marie-Pierre, Conférence St Vincent de Paul paroisse de la Ste Trinité – Anna-Chiara, jeune Ste Trinité – Paul Bras, Conférence St Vincent de Paul St Didier au Mont d’Or-Limonest – Marie-Hélène Leborgne, Vaise – Geneviève Astier, responsable de la pastorale des personnes handicapées – Fabienne de Souza, Sappel – Philippe Brès, Sappel

Ce qui s’est fait et vécu pendant le confinement :

Conférence St Vincent de Paul :

            Marie-Pierre :

            on ne pouvait plus visiter les personnes, on a gardé les liens par téléphone. On a aussi noué des liens avec le CCAS, la banque alimentaire,… L’infirmière du CCAS nous a appelés pour que nous puissions aider de nombreux jeunes qui n’avaient plus de petits boulots et donc rien à manger. Mais la distribution alimentaire c’est épuisant : 20 à 25 personnes à livrer par semaine, de l’ordre de 250 à 300 kgs par semaine !

            Réaction d’un des participants : La remarque de Pierre Keller concernant la distribution de repas « versus » la distribution de « tickets-bons » est intéressante à soulever ici : il y a moins de distribution alimentaire à faire et on respecte la liberté de chacun de se confectionner lui-même son repas… pour ceux pour lesquels cela est possible !

            Paul :

            On faisait des visites, de l’accompagnement, du soutien scolaire, des maraudes. Cela s’est arrêté avec le confinement. On a maintenu le lien par le téléphone.

Anna-Chiara :

            au début du confinement, nous avons appelé tous les paroissiens pour récolter les numéros de téléphone de personnes seules, leur téléphoner et évaluer les besoins. 25 personnes se sont portées bénévoles pour cela, en plus de ceux de la Conférence St Vincent de Paul. Le Secours Catholique nous a aussi contactés pour aider des personnes isolées. Les tâches ont été réparties en fonction des bénévoles (selon l’âge souvent) pour des courses, appeler chaque semaine, d’autres tâches encore.

            On a créé « SOS Trinité » avec une ligne téléphonique. Des affiches éraient déployées dans le 8ème avec le numéro de téléphone. Des jeunes se sont mobilisés aussi, c’était très beau.

Marie-Hélène Leborgne :

            Je coordonne sur la paroisse les équipes qui vont dans les maisons de retraite. Pendant le confinement, le premier travail a été de garder le lien avec les équipes puis de lancer une dynamique paroissiale d’appels téléphoniques.

Geneviève Astier :

            ça a été très compliqué de garder des liens pendant le confinement avec les personnes handicapées : les personnes aveugles ne pouvaient pas toucher, les personnes sourdes ne pouvaient communiquer que très difficilement avec le masque (pas possible de lire sur les lèvres), il n’y avait plus de visites, plus de temps en groupe possible.

            On a conservé les liens qu’on pouvait par téléphone, par internet… Et la remise en route, jusqu’à aujourd’hui, c’est très compliqué !

Fabienne de Souza :

            Le Sappel a été un soutien extraordinaire. Moi je n’ai plus de famille, le Sappel c’est comme une famille pour moi. Confinée, j’étais stressée, comment vivre le confinement sans ce soutien ?

            J’ai été très émue de pouvoir lire devant des gens.

Pour la suite :

            Pastorale des personnes handicapées :

            reprendre des rencontres en présentiel pour renouer et garder les liens. Mais cela reste une question de maintenir ce lien car ce n’est pas gagné de partout de pouvoir reprendre !

            Comment rejoindre ceux qui ne font pas de bruit, ceux qu’on n’entend pas ? C’est une vraie question pour les paroisses. Cette année, notre objectif c’est de trouver un référent par paroisse de la pastorale des personnes handicapées.

            Avec les EHPAD :

            certaines personnes nous ont fait cette remarque : c’est merveilleux, on s’occupe plus de nous qu’avant ! Mais ceux qui sont seuls chez eux et pas en EHPAD, comment les rejoindre ? D’où l’importance de bâtir des liens, de créer des réseaux dans les paroisses avec des associations, des mairies, …

            Marie-Hélène Leborgne, en paroisse :

            c’est difficile de mobiliser sur tout cela, on n’a pas les ressources. Je m’épuise un peu. Comment mobiliser ? Faire appel aux associations, aux mouvements ?

            Sainte Trinité :

            on continue SOS Trinité, mon nom (Anna-Chiara) est donné dans la paroisse. On travaille pour répondre aux besoins spécifiques : les personnes isolées, celles qui ont des idées noires. C’est sous la forme d’une cellule d’écoute. On prévoit aussi un accueil différent dans l’église.

            Fabienne :

            moi avec mes voisins, dans mon quartier, j’ai monté un groupe avec lequel on faisait des goûters l’été et l’hiver. On attendait que les enfants sortent de l’école, on pouvait tricoter, broder, … Mais ce n’est plus possible avec le COVID, et les gens ont du mal à comprendre qu’on ait arrêté.

            Il faudrait essayer d’accompagner des jeunes qui veulent s’en sortir en faisant des études.

            Le Sappel :

            on a repris nos rencontres en respectant les gestes barrière. Cet été, on a adapté nos propositions en organisant simplement des journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible,…), de création artistique. On va s’adapter aux nouveaux contextes pour continuer à vivre une fraternité qui tient ensemble, qui relève chacun.

 

« Tends ta main aux pauvres. » Si. 7,32

Titre du  message pour la Journée mondiale des pauvres du pape François, le 15 novembre 2020 

Retour de la rencontre du 12 septembre 2020 à la cathédrale Saint Jean de Lyon

« Il faut que dans les paroisses nous ne soyons pas seulement des individus qui fassions quelque chose, mais qu’aussi agisse la paroisse en tant que communauté. Être chrétien en effet, c’est écouter ( le cri de la Terre – le cri du pauvre) ; c’est agir ; c’est oser dire au nom de qui nous agissons. Nous ne sommes pas seuls : pour écouter il faut être avec les autres ; pour agir, il faut être ensemble. »

C'est par ces mots que notre évêque, le Père Michel Dubost, a accueilli les 80 représentants des 35 paroisses et de la 10aine de mouvements qui ont souhaité partager la dynamique solidaire qui a été à l’œuvre dès le début de la crise sanitaire.

Rappelant la parole du Pape François selon laquelle la solidarité est précisément une voie pour sortir meilleur de la crise, le Père Éric Mouterde a introduit les différents témoignages proposés à l’assemblée dont il se dégage deux lignes directrices : la joie de servir et la joie d’aimer. Entre vidéos et prises de paroles nous avons découvert la paroisse de Vaugneray qui s'est lancée dans la confection de blouses pour les hôpitaux et la distribution de masques ; le Secours Catholique a fait témoigner une jeune femme migrante qui a été aidée et soutenue durant le temps du confinement ; la Communauté du Sappel à Vénissieux a fait témoigner une jeune femme handicapée et sous tutelle ; Notre Dame des sans abri a donné la parole aux  gens de la rue ; un membre du Service évangélique des malades nous a dit ses visites à domicile ; enfin un migrant a pris la parole avec l'Aclaam, la cellule Migrants du diocèse…

L’assemblée s’est répartie ensuite par petits groupes pour que chacun fasse part de son expérience à la lumière des deux questions suivantes :

1 - Avec qui, comment et en quoi la crise sanitaire a-t-elle stimulé votre paroisse ou votre mouvement dans l’attention aux plus fragiles ? 

2 - Pour la suite, face à la crise économique et sociale qui se profile, quelle dynamique, quels moyens allez-vous mettre en œuvre pour poursuivre cette attention aux plus fragiles ?

A la 1ère question on peut repérer bien des initiatives ont été conduites en lien avec d'autres associations chrétiennes ou non, mais aussi avec les services des mairies. Ces initiatives solidaires ont été souvent la poursuite d'un travail déjà entrepris, mais la crise a aussi stimulé des nouvelles initiatives. Dans certains cas ce temps très particulier a permis à bien des personnes de se lancer dans des actions d'aide, mais on doit aussi noter que certaines associations ont dû cesser leurs activités car souvent animé par des personnes que leurs fragilités, leur âge obligeaient à rester confinés.

Reste que tout cela a permis des actions à « la Prévert », tant les initiatives ont été diverses selon les paroisses ou les mouvements, selon les possibilités et les moyens des uns et des autres, selon les publics qui ont pu être rejoints… Ainsi le soutien scolaire auprès des jeunes migrants, les efforts liturgiques par vidéo dans le temps de confinement, les maraudes pour apporter des repas et produits d'hygiène aux gens de la rue, les appels téléphoniques aux personnes seules, les affiches dans les halls d'immeubles pour dire les disponibilités pour les courses, les informations données pour rejoindre des organismes d'aides ou de soutien comme les CCAS, la confection de colis solidaires en lien avec des producteurs locaux, des courriers aux prisonniers ou aux résidents d'Ehpad, l'ouverture d'une nouvelle structure d'accueil pour des femmes seules avec enfants, travail d'aide en lien avec les services sociaux des mairies, la création d'un accueil de jour ouvert une fois/semaine..., trouver l’équilibre entre l’aide directe et la mise à disposition de chèques-service…

Mais il faut cependant souligner que des difficultés ont surgi pour rejoindre des personnes isolées car non repérées, ou non joignables. Si Internet a été un outil utile, son absence, chez certains, a contribué à les marginaliser encore, notamment pour les enfants qui n'ont pas pu être rejoints par leurs enseignants ou pour certaines personnes âgées. La distanciation sociale met en  difficultés aggravées les sourds et les aveugles dans leurs relations sociales.

A la 2ème question, en fait, nous avons essayé de répondre en même temps à cette interpellation de Michel Dubost qui a lancé : « Et maintenant que voulons-nous faire ? » « Nous » ce sont les paroissiens et les membres de nos mouvements ; mais « nous » c’est aussi nous et les autres acteurs de la solidarité que nous savons rejoindre dans la vie de la société ; « nous » c’est aussi nous et les personnes en précarité qui sont aussi acteurs de leur vie.

Dans cet esprit commun les petits groupes ont donc ouvert des pistes : conforter ou ouvrir des pôles Solidarité dans nos paroisses ; se libérer des peurs, s’ouvrir à la dimension spirituelle de la charité ; s’appuyer sur celles et ceux qui se sont engager lors du confinement ; poursuivre les actions nouvelles initiées pendant cette période : confections de paniers solidaires, visites dans les Ehpad et à domiciles, poursuivre les trocs services / compétences ; travailler à rejoindre les « invisibles » isolés, étrangers, personnes âgées, malades, mères célibataires.. ; commencer à penser les conséquences de l’hiver sur les plus démunis ; donner leur place aux jeunes avec leur propre approche de l’engagement ; voir les possibilités  des entreprises pour que les salariés donnent de leur temps et/ou qu’elles mettent à disposition des logements ; nécessité de retrouver des contacts en présentiel pour des relations plus chaleureuses ; trouver un référent par paroisse pour la pastorale des personnes handicapées ou isolées ; création de cellules d’écoute dans les paroisses ; créations de journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible, …), de création artistique…

Comme envoi, le Père Michel Dubost nous a invité d’abord à regarder, ensuite à remarquer, car le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées. Il faut donc de la créativité : Soyons des chercheurs qui créent le lien, dit-il, mais attention : il s’agit de s’engager dans la durée. 

Voir aussi son message : « Laissez-moi vous parler d’amour. »

Merci à toutes celles et ceux qui ont permis ce compte rendu, notamment Irène Madzar et Jean Michel Ghinsberg 

Edito d'Octobre 2020

L'espérance est un droit et un devoir

Voici un an, si on nous avait annoncé que nous aurions bientôt tous l'obligation de porter un masque en tissu sur le visage pour circuler dans l'espace public, nous ne l'aurions pas cru ! L'existence est ainsi faite de surprises, plus ou moins bonnes, plus ou moins mauvaises. Surtout, dans la vie des sociétés comme dans nos vies, il y a des tournants, des moments où des évolutions brutales se produisent, qui nous amènent parfois à des changements radicaux.

Le coronavirus Covid-19 qui a surgi voici quelques mois dans l'histoire de notre humanité, même s'il s'avère bien moins terrible, au plan sanitaire, que d'autres pandémies précédentes (telles la « grippe espagnole » de la fin de la Première guerre mondiale), aura réussi, en quelques mois, à perturber la vie de toutes les sociétés de la Planète, mettant en péril les économies des pays plus encore que la santé des gens. En cela, il représente une révolution, dont nous sommes incapables aujourd'hui de déterminer autant les causes que les conséquences à venir. Ce qui est certain : le monde « d'après » la Covid-19 ne sera jamais plus le monde de « l'avant » la Covid-19. Et probablement que si cette crise sanitaire est survenue, c'est parce que le monde était arrivé à un moment de son histoire où, pour plusieurs raisons difficiles à identifier avec certitude, le fonctionnement « d'avant » n'était plus possible. Une crise de cette ampleur, en effet, ne peut être que le révélateur de maladies bien plus profondes : destruction des équilibres naturels, inégalités économiques, effondrement des systèmes de valeurs, etc. Et ce qui nous apparaît comme un malheur – c'en est un, en effet – est peut-être aussi un avertisseur salutaire pour nous éviter des malheurs à venir plus grands (telles les conséquences, pour l'ensemble de l'humanité, du réchauffement climatique). Mais les hommes, (nous compris évidemment !), les dirigeants du monde, sauront-ils entendre l'avertissement ? Sauront-ils, comme on dit dans le langage religieux, « se convertir » ? Nous serions dans un monde davantage marqué par la culture biblique, ce coronavirus Covid-19 aurait pu être baptisé « Jonas », du nom du prophète de Ninive !

Nous autres chrétiens, que pouvons-nous faire, que devons-nous faire ? Avec cette révolution de la Covid-19, la vie de l'Eglise, aussi, est bouleversée, et « l'Eglise d'après coronavirus » ne pourra être que différente de « l'Eglise d'avant coronavirus ». Mais que sera-t-elle exactement ? Il est tout aussi difficile de le prévoir que d'envisager ce que va devenir le monde dans sa totalité dans les années qui viennent. Peut-être, cependant, les membres de l'Eglise catholique ont-ils une chance supplémentaire : celle offerte par le pape François avec son encyclique – ô combien prophétique ! – « Laudato si' » du 24 mai 2015. Une encyclique qui encourage à la responsabilité quant à la Sauvegarde de la Création.

Être chrétien, ce n'est pas être « hors monde » mais « dans le monde » (logique de l'Incarnation). Ce n'est pas chercher d'abord à « sauver sa peau » égoïstement, mais chercher à être « au service » de l'humanité (le signe du Lavement des pieds). Nous devons être de ceux qui ne renoncent pas à inventer et à réinventer le monde (la promesse du Royaume des Cieux en marche). Nous devons être de ceux qui témoignent que l'espérance est à la fois un droit et un devoir.

Christian Delorme

Calendrier

Message du Pape François pour la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création 4 Octobre 2020Pape Franois LaudatoSi

Rome, Saint Jean du Latran, 1er septembre 2020

Chaque année, depuis la publication de la Lettre Encyclique Laudato Si’ (24 mai 2015), le premier jour du mois de septembre est une Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, avec laquelle commence le Temps de la Création qui se conclut le 4 octobre dans le souvenir de saint François d’Assise.

Je suis heureux que le thème choisi par la famille œcuménique pour la célébration du Temps de la Création 2020 soit « Jubilé pour la Terre », justement en cette année marquant le cinquantième anniversaire du Jour de la Terre.

Durant cette période, les chrétiens, dans le monde entier s’unissent de façon spéciale dans la prière et dans l’action pour la sauvegarde de la maison commune. Dans les Saintes Ecritures, le Jubilé est un temps sacré pour se souvenir, revenir, se reposer, réparer et se réjouir.

Un temps pour se souvenir

Le Jubilé est un temps de grâce pour faire mémoire de la vocation originelle de la création à être et à prospérer comme communauté d’amour. Nous existons seulement à travers les relations : avec Dieu créateur, avec les frères et sœurs en tant que membres d’une famille commune, et avec toutes les créatures qui habitent la même maison que nous.

Nous avons constamment besoin de nous rappeler que « tout est lié, et la protection authentique de notre propre vie comme de nos relations avec la nature est inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres ».

Un temps pour revenir

Le Jubilé est aussi un temps de retour à Dieu, notre créateur bien aimé. On ne peut pas vivre en harmonie avec la création sans être en paix avec le Créateur, source et origine de toute chose.

Écoutons le battement de la création. Elle a été faite, en effet, pour manifester et communiquer la gloire de Dieu, pour nous aider à trouver, dans sa beauté, le Seigneur de toutes choses et retourner à lui... La capacité à nous émerveiller et à contempler est quelque chose que nous pouvons apprendre spécialement des frères et sœurs autochtones qui vivent en harmonie avec la terre et ses multiples formes de vie.

Un temps pour se reposer

Dans sa sagesse, Dieu a réservé le jour du sabbat pour que la terre et ses habitants puissent se reposer et se ressourcer. Aujourd’hui, cependant, nos styles de vie poussent la planète au-delà de ses limites. La demande constante de croissance ainsi que le cycle incessant de production et de consommation sont en train d’épuiser l’environnement. Les forêts disparaissent, le sol est érodé, les champs disparaissent, les déserts avancent, les mers deviennent acides et les tempêtes s’intensifient : la création gémit !

Durant le Jubilé, le Peuple de Dieu était invité à se reposer des travaux quotidiens, à laisser, grâce à la baisse de la consommation habituelle, la terre se régénérer et le monde se réorganiser. Il nous faut trouver aujourd’hui des styles de vie équitables et durables, qui restituent à la terre le repos qui lui revient, des moyens de subsistance suffisants pour tous, sans détruire les écosystèmes qui nous entretiennent.

La pandémie actuelle nous a amenés, en quelque sorte, à redécouvrir des styles de vie plus simples et durables. La crise, dans un certain sens, nous a donné la possibilité de développer de nouvelles façons de vivre. Il a été possible de constater comment la terre réussit à se reprendre si nous lui permettons de se reposer : l’air est devenu plus sain, les eaux plus transparentes, les espèces animales sont revenues dans de nombreux endroits d’où elles avaient disparu. La pandémie nous a conduits à un carrefour. Nous devons profiter de ce moment décisif pour mettre fin à des activités et à des finalités superflues et destructrices, et cultiver des valeurs, des liens et des projets génératifs.

Un temps pour réparer

Le Jubilé est le temps d’une justice réparatrice. Il est également nécessaire de réparer la terre. La restauration de l'équilibre climatique est très importante étant donné que nous nous trouvons en situation d’urgence. La restauration de la biodiversité est également cruciale dans le contexte sans précédent d’une disparition des espèces et d’une dégradation des écosystèmes.

Nous sommes tenus de réparer, selon la justice, en nous assurant que tous ceux qui ont habité une terre pendant des générations puissent en retrouver pleinement l’utilisation. Il faut protéger les communautés autochtones contre les compagnies, surtout multinationales, qui exploitent honteusement des communautés et des pays plus pauvres à la recherche désespérée d’un développement économique. Il est nécessaire de consolider les législations nationales et internationales, afin qu’elles règlementent leurs activités et garantissent l’accès à la justice à ceux qui subissent des dommages.

Un temps pour se réjouir

Nous savons que le cri de la Terre et des pauvres est devenu, ces dernières années, encore plus fort. En même temps, nous sommes témoins de la façon dont l'Esprit Saint inspire partout des individus et des communautés à s’unir pour reconstruire la maison commune et défendre les plus vulnérables. Nous assistons à l’émergence progressive d’une grande mobilisation de personnes, qui, à la base et dans les périphéries, travaillent généreusement pour la protection de la terre et des pauvres. Cela procure de la joie de voir tant de jeunes et de communautés en première ligne pour répondre à la crise écologique.

Nous nous réjouissons aussi que les communautés croyantes se rapprochent pour donner vie à un monde plus juste, plus pacifique et plus durable et que le Temps de la Création devienne une initiative vraiment œcuménique. Continuons à grandir dans la conscience que nous tous, nous avons une maison commune en tant que membres de la même famille ! Réjouissons-nous parce que, dans son amour, le Créateur soutient nos humbles efforts pour la Terre. Elle est aussi la maison de Dieu où sa Parole « s’est faite chair, elle a habité parmi nous » (Jn 1, 14), lieu constamment renouvelé par l’effusion de l'Esprit Saint.

« Envoie ton Esprit, Seigneur, et renouvelle la face de la terre »  (Ps 104, 30). ( [1]) 

[1] Texte intégral disponible sur le site : https://eglise.catholique.fr/

Horaires des célébrations dominicales 

A compter du mois de septembre, et durant toute la période

soumise aux consignes sanitaires liées à l'épidémie de la Covid 19 :

  • samedis à 18h30 : messe anticipée à Saints Côme et Damien
  • dimanches à 9h et à 10h :  messes à Saint Romain

Les messes en semaine, le jeudi à 9h,

sont annoncées le dimanche précédent.

Rappel :

  • masques obligatoires à l'extérieur, ainsi que dans les églises
  • gel hydroalcoolique disponible à l'entrée des églises
  • respect des distanciations physiques en vigueur.
  • Permanences d'accueil à la Maison Paroissiale de Saint Romain :

Reprise des horaires habituels, précisés au début du bulletin

à savoir : mardi et jeudi de 16h à 18h  /  samedi de 10h à 12h

  • Encyclique " Laudato Si´ " « Prière pour notre terre »

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures,

Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.

Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommages à personne.

Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.

Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.

Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres.

Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Merci parce que tu es avec nous tous les jours. Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

Célébrations de la Toussaint, avec la participation du groupe ICHTUS

  • Samedi 31 octobre à 18h30                             messe à Saints Côme et Damien
  • Dimanche 1er novembre à 9 h et à 10h          messes à Saint Romain
  • Lundi 2 novembre à 19h00                            à Saint Romain : 

commémoration de tous les défunts de l'année des deux paroisses.

         Annonce... 

Le Centre Saint Bonaventure propose un regard chrétien sur la crise de la COVID-19 :

des soirées pour relire, partager, échanger et penser « le monde d’après » avec le concours

d’intervenants chrétiens.

Mardi 13 octobre de 18h30 à 20h

Covid 19 : « Le Jour du Seigneur »

« La suspension des messes en présence de fidèles durant la crise a remis en lumière les messes télévisées qui existent depuis soixante-dix ans. Et de nombreuses messes ont été diffusées par les paroisses sur les réseaux sociaux. L’Église numérique tisse sa toile. Chances et risques ? »

David Milliat, journaliste de l’émission du « Jour du Seigneur », animera cette soirée.

Nb : A ce jour cette soirée est toujours maintenue. Elle se déroulera sûrement dans l’église permettant d’accueillir davantage de monde, en respectant les distances de sécurité.

Mais, si de nouvelles mesures restrictives étaient imposées par les autorités sanitaires, cette soirée pourrait éventuellement être annulée. Cela sera annoncé sur le site Internet :

communication@saint-bonaventure.fr

Nous sommes entrés, depuis quelque temps déjà, dans une succession de crises qui semble être une mutation vers un nouveau monde...  "C'est de l'altitude qu'il convient de prendre et non de l'avance, ce n'est pas en collant servilement à ce qui passe, mais en s'élevant vers ce qui demeure, qu'on répond le plus profondément aux besoins." « Aime et fais ce que tu veux » (St Augustin).

Chercher des actes à notre mesure, en s'efforçant d'agir de manière significative face à la situation présente : tout pourrait donc être bel et bon pourvu qu'il soit inspiré par l'Amour... 

     Pour une fois...

"Viens Seigneur !

Viens Emmanuel !

Viens divin Messie !

Viens Esprit !

Viens, viens, viens..." 

Si pour une fois

c'est moi qui venais !

Si pour une fois

je décidais de casser la routine ! 

Pour une fois,

c'est à moi que l'on viendra demander,

et j'essayerai d'y répondre ! 

                                    Pour une fois,

et pour les autres,

c'est moi que l'on viendra solliciter,

et je tâcherai d'être présent ! 

« Donne-moi, Seigneur,

cette force et cette exigence.       

Pour une fois, c'est moi qui ferai le reste,

pour Toi, Seigneur ! »

                                                         Nicolas Gillig (Autrement – Les Presses d'Ile de France)

Prendre ou Donner 

C'est l'histoire d'un homme qui était fatigué de pleurer. 

Il regarda autour de lui et, voyant le bonheur,

il étendit la main pour le prendre. 

C'était une fleur, il la cueillit.

Mais, à peine dans sa main, elle s'effeuilla. 

C'était un rayon de soleil, il leva les yeux pour en être éclairé.

Mais, derrière un nuage, la lumière s'éteignit. 

C'était une guitare, il la caressa des doigts, elle grinça.

Et ce soir-là, en rentrant, l'homme geignit encore. 

Le lendemain, il recommença. 

Sur le chemin un enfant gémissait.

Il voulut le consoler, prit une fleur et la lui donna.

Et le parfum de cette fleur l'embauma, lui aussi. 

Une pauvre femme grelottait sous ses haillons.

Il la conduisit au soleil, et lui aussi s'y réchauffa. 

Un groupe de jeunes chantait. De sa guitare il les soutint.

Aussitôt lui-même fut bercé par la mélodie. 

Et ce soir-là, en rentrant, cet homme souriait ! 

                                                                            Guy Gilbert (Mes plus belles prières)

 

"Lorsque nous quittons cette terre, nous n'emportons rien de ce que nous avons reçu, uniquement ce que nous avons donné." (Saint François d'Assise)

Il est toujours temps... 

Le Monde et la Terre sont en crise et nous subissons de plein fouet les conséquences des bouleversements en cours quel que soit le domaine considéré : climat, économie, santé, société, migrations...

Mais partout des voix s'élèvent pour dénoncer les causes et proposer des changements urgents. Des témoins du passé qui par leur altruisme héroïque ont prouvé qu'il était possible d'infléchir des situations critiques, sont convoqués pour appuyer la nécessité d'espérer toujours, et de résister courageusement afin de reprendre les faits et paradigmes des régimes dominants, et les suprématies diverses insidieusement imposées par des grandes structures internationales.

Parmi ces voix aujourd'hui, pouvant susciter la nécessité d'une prise de conscience et de position, celle du Père Christian Delorme qui vient de publier un ouvrage exaltant concernant :

« L'Histoire de la Non-Violence à Lyon [1] »

dont nous reproduisons ci-après la présentation et les références :

« La non-violence est chez elle en terre lyonnaise, depuis longtemps ! Dès les années 1920, des Lyonnais se sont enthousiasmés pour la personne, l'action et la pensée du Mahatma Gandhi. Sous l'Occupation allemande, durant la Guerre d'Algérie, au temps de la lutte des paysans du Larzac, en solidarité avec les peuples victimes de dictatures ou de la militarisation, avec les femmes prostituées ou les jeunes issus des immigrations de l'ancien empire colonial français etc... de multiples luttes ont été menées entre Rhône et Saône selon les principes du refus de la haine, de la non-coopération avec l'injustice et de la désobéissance civile. Martin Luther King Jr, Helder Camara, Lanza del Vasto, et plusieurs de leurs disciples, sont venus à Lyon, y ont laissé des traces et des adeptes. Ce sont ces cent ans d'histoire dont fait mémoire, ici, Christian Delorme, montrant comment se produit et se partage une culture de la paix et de la non-violence.»

Henri Roth 

[1] L'Histoire de la Non-Violence à LyonChristian Delorme - Mémoire active – 3 juin 2020

  Ce livret est disponible à l'Accueil de la Maison Paroissiale (10 ).

Dis-nous Seigneur !...

       De quoi sera fait demain ? Notre demain ?

         Tous ces demains semés d'espérances qui attendent de germer ?

         Les vois-Tu ces espérances enfouies au plus profond de nos jardins secrets ?

         Là où personne n'entre sinon Toi, et Toi seul ?

         Les feras-Tu éclore un jour nos espérances en graines, nos rêves, nos projets ?

       De quoi sera fait demain ? Après tout, qu'importe !

         Puisque Ta Présence, Seigneur, nous accompagnera,

         Au cœur de nos déserts, comme au plus fort de nos joies !

         Ta Présence qui nous invite à vivre aujourd'hui pour mieux réaliser demain.

         Non, ne nous dis pas de quoi demain sera fait,

       Dis-nous seulement que Tu es là ! 

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. »

(Matthieu 28,20)

Père Robert Riber (1935-2013)

 

 

 

 

Histoire de la Non-Violence à Lyon

  • Il est toujours temps...

     

    Le Monde et la Terre sont en crise et nous subissons de plein fouet les conséquences des bouleversements en cours quel que soit le domaine considéré : climat, économie, santé, société, migrations...

    Mais partout des voix s'élèvent pour dénoncer les causes et proposer des changements urgents. Des témoins du passé qui par leur altruisme héroïque ont prouvé qu'il était possible d'infléchir des situations critiques, sont convoqués pour appuyer la nécessité d'espérer toujours, et de résister courageusement afin de reprendre les faits et paradigmes des régimes dominants, et les suprématies diverses insidieusement imposées par des grandes structures internationales.

    Parmi ces voix aujourd'hui, pouvant susciter la nécessité d'une prise de conscience et de position, celle du Père Christian Delorme qui vient de publier un ouvrage exaltant concernant :

    « L'Histoire de la Non-Violence à Lyon » (1)

    dont nous reproduisons ci-après la présentation et les références :

    « La non-violence est chez elle en terre lyonnaise, depuis longtemps ! Dès les années 1920, des Lyonnais se sont enthousiasmés pour la personne, l'action et la pensée du Mahatma Gandhi. Sous l'Occupation allemande, durant la Guerre d'Algérie, au temps de la lutte des paysans du Larzac, en solidarité avec les peuples victimes de dictatures ou de la militarisation, avec les femmes prostituées ou les jeunes issus des immigrations de l'ancien empire colonial français etc... de multiples luttes ont été menées entre Rhône et Saône selon les principes du refus de la haine, de la non-coopération avec l'injustice et de la désobéissance civile. Martin Luther King Jr, Helder Camara, Lanza del Vasto, et plusieurs de leurs disciples, sont venus à Lyon, y ont laissé des traces et des adeptes. Ce sont ces cent ans d'histoire dont fait mémoire, ici, Christian Delorme, montrant comment se produit et se partage une culture de la paix et de la non-violence.»

    Henri Roth

     (1) L'Histoire de la Non-Violence à LyonChristian Delorme - Mémoire active – 3 juin 2020

      Ce livret est disponible à l'Accueil de la Maison Paroissiale (10 ).