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Histoire de la paroisse St Romain de Cuire

Introduction

Paroissien de St Romain depuis près d'un demi-siècle, je vais essayer de rappeler les principaux évènements qui ont marqué cette ancienne communauté chrétienne et les lieux auxquels elle se rattache.
Mes recherches qui se sont déroulées de 1993 à 1997, ont porté sur la période s'étendant de sa fondation - vers 1150 - à la construction de l'église actuelle s'étendant de sa fondation - vers 1150 - à la construction de l'église actuelle en 1820. Dans une première partie, l'étude des premières mentions permettra de mettre en évidence les origines du site et son type d'implantation. Successivement, dans une seconde puis dans une troisième partie, je traiterai de l'évolution de l'église paroissiale entre le XV° et 1820, date de construction d'un nouvel édifice.

I. l'origine : Un petit Prieuré au XII° siècle

st romain de cuireC'est vers le milieu du XIIe siècle que l'on trouve mention pour la première fois, d'une église à Cuire : il s'agissait d'un édifice religieux - un prieuré - construit sur la terre de Cuire et appartenant à la très puissante et très riche abbaye d'Ainay. Ce prieuré s'élevait sur le petit escarpement rocheux - au bas de la Montée des Forts actuelle - qui termine au Nord la plaine, dite autrefois "de la Caille". Celle-ci s'étend jusqu'au pied du bois de la Caille . Ce lieu, dénommé au Moyen-Age Cueris, Cuyeres, Cuers ou Coeres devenu au fil des âges Cuires, puis Cuire, est très proche de l'ancienne abbaye de l'Ile-Barbe. Ce voisinage a provoqué d'assez nombreux conflits entre les deux abbayes : l'un d'eux en 1232, se termina par un arbitrage de l'Archevêque de Lyon, en faveur de l'abbaye d'Ainay. Dans ce document, on peut noter que le prieuré de Cuire est désigné sous le terme de Domus Ecclesia de Cuyeres.

Quelques années plus tard, le 17 novembre 1250, lors de son séjour à Lyon, le pape Innocent IV confirme toutes les possessions de l'abbaye d'Ainay. La bulle pontificale qui en donne la longue énumération, cite notamment "l'église de Cuire et ses dépendances". Il faut rappeler qu'à cette époque , le roi de France, Philippe IV le Bel, multiplie les intrigues et les manœuvres contre l'archevêque, comte de Lyon, afin de le déposséder et de réunir cette ville à la couronne de France. Ainsi, il arrive à ses fins et par le traité du 18 avril 1312, Lyon est annexé au Royaume de France.

Mais il ne semble pas que le territoire de Cuire, situé au-delà des vieux fossés qui marquaient au Nord les limites des possessions de l'archevêque, fut compris dans le traité de 1312. Quoi qu'il en soit, après ces évènements on constate un changement de physionomie du domaine de Cuire : prieuré à l'origine, puis simple obédience avec un titulaire , il comprend dorénavant un château-fort - le castrum - construit vers 1316 autour de cet établissement religieux, par Jean de la Palud, son prieur de 1313 à 1324. C'est ce qui reste de ce château-fort que nous appelons "le château de Cuire".